Nous sommes tous utiles en ce sens que chaque jour, près de nous, se trouve un être qui a besoin de notre sourire, de notre compréhension et de notre affection.....

C'est le cas de ma petite maman que j'ai accompagnée aux urgences lundi pour une infection pulmonaire. Je suis restée debout près d'elle dans le couloir en attendant qu'on la prenne en charge 4 heures plus tard. Elle tremblait de tous ses membres  toute fièvreuse et vêtue d'une blouse d'hôpital. Et depuis lundi, elle est restée aux urgences. Quel déchirement de la laisser là dans cet univers impitoyable. Je viens d'apprendre qu'elle a enfin intégré une chambre. Aux urgences, il vaut mieux garder son sang-froid. J'ai entrepris de trouver des draps et couvertures pour la réchauffer et caler sa tête que son hémiplégie empêche de maintenir droite. Ma petite maman si vulnérable, si confiante aussi de me voir là tout près d'elle. Je lui ai expliqué que son état momentané nécessitait sa présence en un tel lieu. Je lui ai rappelé qu'elle aussi avait dû m'emmener à l'hôpital quand j'étais petite. Un parent, même fragilisé, a besoin de se sentir toujours parent pour retrouver l'énergie de se battre. Courageuse petite maman qui affronte les obstacles les uns après les autres. Rassurée, elle s'est ensuite endormie. Alors, en observant l'environnement autour de moi, je me suis mise à rêver qu'un bataillon de scrappeuses entreprenaient de redécorer les couloirs et salles d'attente plus hideuses les unes que les autres.
Et des petits nichoirs perchés dans les arbres par ci...

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et des papillons de toutes les couleurs par là...

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des couleurs tendres pour atténuer l'attente...

Mais autour de moi, il n'y avait que la détresse des uns, la résignation des autres et les urgentistes qui plaisantaient et draguaient les petites infirmières, parce que c'est ça aussi la vie aux urgences. Des conditions de vie devenues extrêmes par manque de personnel et de moyens. Et ce contraste entre ceux qui souffrent dont l'attente semble interminable et ceux et celles, qui chaque jour, sont confrontés à cette réalité cruelle et semblent imperméables pour se préserver sans doute. Il y avait tous les cas de figures, ce monsieur attendrissant(40 ans) qui ne cessait d'embrasser tendrement la main de sa femme, l'hystérique qui cassait les oreilles à tout le monde, la maman angoissée par les pleurs de son bébé, ce vieux monsieur pathétique à la démarche lente qui revenait demander aux standardistes quand ce serait son tour, la jeune femme droguée dans un état second, l'alcoolique qui se démène et cherche à s'enfuir. 

Et si en guise de travaux d'intérêts général, on demandait aux jeunes délinquants de repeindre les urgences dans des couleurs tendres pour ramener un peu de douceur et de vie dans ces lieux d'attente ?

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J'ai un peu discuté avec les uns, ai rendu quelques menus services à d'autres et j'ai surtout gardé mon sourire car s'il y a un lieu où le sourire est nécessaire, c'est bien ici.

Ah encore un détail, maman a eu un franc succès auprès des infirmières avec son vernis à ongles couleur framboise. Je lui avais justement refait ses ongles samedi et ces messieurs de la maison de retraite la complimentent car cela lui fait de très jolies mains. Papa était si coquet et si soucieux de son apparence. A chaque fois que j'emmenais maman faire les courses, il me demandait de la recoiffer et ses yeux s'illuminaient quand j'avais fini de lui faire son brushing. Ces petits détails qui font la différence, je m'efforce toujours de ne pas les oublier.

Tout cela a retardé mes envois et mes réponses à vos mails. Je règle tout cela demain. Belle soirée à vous toutes.